Kulturelle Vielfalt - mehr als ein Slogan

Proposte per l’implementazione della Convenzione per la protezione e la promozione della diversità delle espressioni culturali in Svizzera

Un progetto commune della Coalizione svizzera per la diversità culturale et la Commissione svizzera per l’UNESCO

Musica

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Rapport

La diversité musicale nous permet de réaliser de multiples expériences esthétiques avec notre héritage culturel; elle nous fait entendre la différence culturelle et ouvre les portes de la création et de l’innovation grâce à l’échange et au dialogue. Elle se nourrit d’une vaste palette de manifestations tels concerts, festivals et autres clubs, d’un large spectre de productions musicales de styles différents disponibles sous forme d’enregistrements sonores classiques, de fichiers ou par le biais des médias, et des multiples activités musicales pratiquées en amateur. Préserver et encourager cette diversité appellent un cadre favorable. Dix spécialistes d’horizons musicaux, régionaux et professionnels différents se sont penchés sur la situation en matière de diversité musicale et ont élaboré des recommandations quant à son encouragement.

1.  Education musicale

En Suisse, la musique est présente partout. Selon l’Office fédéral de la statistique, un Suisse sur cinq joue d’un instrument et un sur six fait du chant, des chiffres qui montrent clairement l’importance de la pratique musicale dans notre pays. Cette situation se répercute sur les activités musicales des enfants et des jeunes, en constante augmentation, de sorte que les cours de musique donnés à l’école, les leçons d’instrument et de chant proposées par les écoles de musique et les autres offres de formation musicale ne permettent pas toujours de répondre à la demande d’éducation musicale variée.

L’éducation musicale doit, avec les autres domaines artistiques, être un pilier de l’éducation; elle doit éduquer les enfants à participer à la vie culturelle et leur permettre de s’intégrer dans la société. La musique est d’abord une valeur, qui se justifie par elle-même, mais aussi un instrument d’éducation, qui permet aux enfants et aux jeunes de s’investir, de se découvrir et de se développer. A l’heure actuelle, le système scolaire est loin de garantir partout une transmission de la musique dans toute sa diversité stylistique et par le biais d’activités variées. Pour garantir une telle transmission, il faut que la musique en tant que matière dispose d’un nombre d’heures suffisant, que les élèves y apprennent comment «consommer» activement la musique, qu’ils soient formés pour aborder de manière critique leur environnement acoustique et qu’ils soient sensibilisés à la diversité musicale. Ce n’est qu’en donnant tôt une vaste éducation musicale aux enfants que ceux-ci pourront, une fois adultes, s’intéresser à la diversité de la culture musicale et contribuer activement à une vie musicale variée.

Les hautes écoles de musique jouent ici un rôle important, puisqu’elles forment les enseignants qui transmettront ensuite la diversité musicale dans les écoles de manière compétente et engagée et qui nourrissent le dialogue musical entre les cultures grâce à leur intégration dans les réseaux internationaux des institutions éducatives et culturelles.

Il s’agit d’atteindre les objectifs suivants dans les meilleurs délais:

2.  Encouragement de la musique

Les technologies de communication modernes permettent d’avoir accès à et d’échanger une vaste palette de musiques sous forme électronique. Mais la musique, c’est aussi une partie de la vie sociale et une forme de dialogue. Afin de permettre des rencontres musicales directes, il faut que les acteurs présents localement soient davantage reconnus et bénéficient d’un soutien effectif. Les initiatives les plus récentes dans le domaine de la musique traditionnelle suisse représentent un bon exemple d’encouragement possible. Cette musique est fortement ancrée dans la tradition locale et régionale, elle se caractérise par un nombre élevé d’ensembles amateurs et n’a cessé d’évoluer au cours de son existence grâce aux échanges et aux emprunts aux courants musicaux étrangers, comme les yodels autrichiens traditionnels au début du XXe siècle ou la musique populaire irlandaise dans les années 70. Contrairement aux titres diffusés à grande échelle, le répertoire de la musique traditionnelle peine à s’imposer. Cette musique a toutefois bénéficié d’une nouvelle impulsion, grâce au récent soutien financier des initiatives des différentes scènes régionales de la musique traditionnelle. La musique traditionnelle a pu établir de nouveaux types de connexions avec d’autres genres musicaux et elle a pu élargir son répertoire grâce à diverses publications de collections d’ethnomusicologie. Par ailleurs, les centres de compétences de la musique traditionnelle ont lancé de nouvelles activités, et une filière de musique traditionnelle a vu le jour dans une haute école de musique.

Si l’on regarde la situation musicale dans son ensemble, force est de constater que le montant des contributions accordées ne correspond pas à la valeur que représentent des activités musicales diversifiées en termes de qualité de vie de la population et d’attractivité d’une région. Les dépenses publiques octroyées au domaine musical ne suffisent pas à satisfaire au principe de la diversité. L’un des aspects problématiques dans l’encouragement de la diversité musicale tient au principe de subsidiarité également appliqué au soutien de la culture en Suisse. Il est difficile de trouver un interlocuteur pour les produits de niche si l’attribution des compétences ne cesse d’être modifiée.

Les différents genres musicaux, leurs contextes socioculturels spécifiques de création et les différents éléments de la chaîne allant de la production musicale à la réception génèrent souvent des besoins de soutien spécifiques. Ainsi, les ensembles de musique traditionnelle se produisent souvent dans des périmètres régionaux limités, lors de concerts isolés, de sorte que le soutien d’une tournée ne peut être envisagée. Dans le domaine du hip-hop, la production de supports sonores bénéficie d’un encouragement adapté contrairement au soutien des mesures de communication et d’organisation des concerts, qui s’avère pour sa part insuffisant alors qu’il est essentiel au succès du genre. La musique classique contemporaine adhère à une tradition de travail de composition critique, que les compositeurs doivent reproduire lors du processus de création. D’autres activités musicales demandent des connaissances juridiques et économiques spécifiques; dans ce contexte, offres de conseil et autres évaluations peuvent constituer des mesures de soutien concrètes.

Il est nécessaire, du fait de l’évolution démographique, de promouvoir les processus de compréhension entre les jeunes et les anciennes générations, entre la population rurale et la population urbaine, entre les natifs et les immigrés. Les concerts, qui font partie, ainsi que l’a montré l’enquête sur les pratiques culturelles réalisée en 2008, des activités culturelles les plus répandues en Suisse et dont la population aimerait profiter encore davantage, offrent de nombreuses possibilités d’intégration sociale avec prise en compte des différences culturelles. Pour ce faire, il est toutefois indispensable que l’on puisse écouter l’ensemble des genres musicaux existants et pas seulement les grands titres commercialisés à grand renfort de publicité.

Voici les recommandations des experts:

3.  La musique et les médias

Les médias revêtent une importance majeure pour la production musicale: les émissions de radio, les clips vidéo, les concerts à la télévision, les annonces d’événements et les articles des médias papier et Internet sont des instruments essentiels de la perception de la diversité musicale. La sélection musicale des médias et l’évaluation critique de la musique dans toute sa diversité qu’ils proposent ont une influence sur les consommateurs et sur la manière dont la société parle de ses différentes identités et valeurs.

Actuellement, le spectre musical traité et diffusé par les médias ne reflète que de manière limitée la diversité locale et régionale des cultures musicales. Souvent, les médias se spécialisent dans un genre musical, d’une part, et misent sur des titres étrangers très commerciaux, d’autre part. Pourtant, il existe une demande pour la musique helvétique dans toute sa diversité régionale, comme le montre le succès de plates-formes Internet suisses comme www.mx3.ch pour la musique populaire et www.vxm.ch pour la musique traditionnelle; elles offrent aux acteurs musicaux la possibilité de se faire connaître, associent les auditeurs à la procédure de sélection des programmes radio et connaissent un beau succès.

L’intérêt pour la musique suisse se reflète également dans sa présence toujours plus importante sur les ondes. Depuis la signature de la Charte de la musique suisse entre les créateurs de musique et la SSR (2004), les radios publiques ont largement augmenté le taux de musique suisse qu’elles diffusent. La charte prévoit que les parties déterminent chaque année des valeurs indicatives pour la part de musique suisse à programmer, qu’elles évaluent ces valeurs sur la base d’un échantillon de la musique diffusée et discutent ensuite de mesures d’augmentation. Le travail effectué jusqu’à maintenant a permis d’aboutir à la conclusion suivante: cette réglementation des quotas pour la musique suisse limite peut-être la liberté en matière de programmation; la sélection des responsables des programmes ne répond toutefois pas toujours à la demande des auditeurs.

Voici les recommandations des experts:

4.  Un cadre pour l’économie musicale

Pour renforcer la diversité musicale, il faut réserver la place nécessaire sur le marché aux traditions musicales locales, aux productions de niche, aux expressions musicales des cultures minoritaires et des jeunes musiciens ou compositeurs, ce qui nécessite un cadre légal adapté pour les activités musicales et les activités commerciales liées à la musique.

Pour garantir une création musicale variée de qualité sur la durée, il faut donner une sécurité sociale aux compositeurs et aux organisateurs de manifestations. En effet, ceux-ci travaillent surtout sur mandat, sur la base de contrats d’entreprise, voire exercent en parallèle plusieurs «petits jobs», des situations professionnelles auxquelles la réglementation relative à la sécurité sociale ne s’applique pas.

Il convient également de garantir aux travailleurs du domaine musical et du domaine culturel une rétribution adaptée de leurs prestations créatives. Dans la plupart des cas, les droits d’auteur et autres droits de propriété perçus constituent en effet une grande partie de leurs revenus. L’imposition de ces droits est de plus en plus remise en question. Par ailleurs, l’Union européenne a récemment imposé, dans l’intérêt des grands groupes de l’industrie musicale, une libéralisation des compétences territoriales des sociétés de gestion des droits d’auteur dans le domaine des canaux de distribution les plus récents (câble, satellite, Internet). Or, de petites sociétés de la taille de la SUISA connaîtraient des difficultés si elles devaient pour cette raison céder une part commercialement importante de leur répertoire au profit de quelques grandes sociétés. Les frais administratifs augmenteraient pour la partie du répertoire générant un chiffre d’affaires moins important, celle des productions de niche. Il faudrait alors répercuter cette augmentation sur les auteurs des productions concernés, lesquels ne sont très souvent pas ceux qui gagnent le plus, mais bel et bien ceux qui contribuent à la grande diversité de la création musicale.

Le trafic des paiements des droits d’utilisation pris en charge par la SUISA avec d’autres organisations étrangères similaires montre, comme les statistiques commerciales internationales du secteur musical d’ailleurs, que l’on écoute davantage de musique étrangère en Suisse que de musique suisse à l’étranger. L’on serait tenté de penser que ce déficit reflète l’ouverture de la Suisse en matière de musique. Cette situation étant due en premier lieu aux importations importantes de musique anglo-saxonne et américaine, force est de constater qu’il s’agit aussi d’un manque d’ouverture par rapport à la diversité des cultures musicales d’autres régions du monde. Cela traduit également la nécessité de prendre très rapidement d’autres mesures de soutien de l’économie musicale suisse, afin que les productions musicales locales connaissent, dans toute leur diversité, un rayonnement plus important aux niveaux national et international.

Voici les recommandations des experts:

5.  Intégration dans des réseaux et des centres de compétences du secteur musical

Pour promouvoir de manière efficace la diversité musicale, il faut que les décideurs politiques soient conseillés de manière compétente par des acteurs bien implantés dans le secteur musical. Voici les recommandations des experts:


Les experts du groupe

Marc-Antoine Camp (Commissaire). Ethnomusicologue. Hochschule Luzern – Musik. marc-antoine.camp@hslu.ch

Jean Cavalli. SUISA, Services membres et répartition, directeur général adjoint. jean.cavalli@suisa.ch

Silvia Delorenzi-Schenkel (Commissaire). Collaboratrice Phonothèque nationale Lugano; Présidente Société pour la musique populaire en Suisse; Membre du comité Conseil suisse de la musique. delorenzi@fonoteca.ch

Paul-Emmanuel Meyrat. Mundart Hip-Hop-Kollektiv »Chlyklass«; collaborateur juridique SUISA. paulmeyrat@yahoo.de

Hubert Reidy. Musicien, musicologue, pédagogue musical. hubert.reidy@bluewin.ch

Paul Rostetter. CEO Brambus Records & Verlag AG, Mühlehorn. brambus@sunrise.ch

Barbara Schmitt. Sociologue. Echange international de volontaires. barbara.schmitt@gmx.ch

Werner Schmitt. Violoncelliste. Ancien directeur du Conservatoire de Berne; Senior Consultant pour la culture et l’éducation auprès de la RPC Berne; chef de projet MUS-E Schweiz. w.schmitt@bluewin.ch

Urs Schnell. Directeur Fondation SUISA. urs.schnell@fondation-suisa.ch

Marco Zappa. Chansonnier, musicien, pédagogue musical, producteur de musique. marco@marcozappa.ch

 

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